Piano des villes, piano des champs

Ce projet est subventionné par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Il consiste à placer un piano sur le domaine public afin que les passantEs et/ou les résidantEs puissent s’en servir à leur guise.

Ce genre d’événement existe ailleurs dans le monde ainsi qu’au Canada.

D’où ça vient ?

Ces pianos auraient pu voir le jour à Sheffield en 2003 (A sonata for street piano, Martin Wainwright, The Gardian 7 juillet 2006) parce qu’un étudiant en psycho, Doug Pearman n’aurait pu le monter chez lui en dépit de l’aide de son cousin, un gradué en maths de Cambridge. Ils décidèrent de le laisser sur place, avec son siège, afin que le public puisse y jouer. Ils le couvrirent d’une bâche afin de le protéger de la pluie mais aussi pour éviter que des gens n’y jouent à trois heures du matin. La communauté s’est soudée autour de cet engin ce qui a permis le remplacement de ce piano après un vol et a bloqué une décision du Conseil de ville de le faire enlever en 2006. Il resta sur place même après que Monsieur Pearman ait quitté son logement. Éventuellement, il fut retiré en 2008 après avoir trop souffert d’avoir été aussi longtemps à l’extérieur.

Par la suite, Luke Jerram apparait dans le paysage. Monsieur Jerram est un artiste qui a déjà installé depuis 2008, 700 pianos sur le domaine public dans près de 30 villes dans le monde entier. La seule instruction qui accompagne l’instrument est “Play me, I’m yours” ! Le but de cette initiative est d’engager les gens à se rencontrer et à se parler. Le piano public sert également à faire connaitre au public des musiciens peu connus.  En somme, un piano de rue est un catalyseur pour provoquer une interaction entre les gens, plus de deux millions à travers le monde depuis 2008.

“Play it Forward” public piano in Joshua Tree (Taken with Instagram at Joshua Tree Natl Park Store)

Il y eut également un projet appelé « Public Piano Project » où un « piano préparé » avait été donné par Bob Fenger en 2002. Fait de parties de trois pianos, il a été placé en face du Joshua Tree Health Food, près de Joshua Tree National Park. Il a été utilisé par plusieurs milliers de visiteur pendant deux ans. Le but de ce projet est de permettre à des artistes inconnus de se produire en public.

Information :


Pourquoi les ACDP ?

Piano des villes, piano des champs est un projet d’animation de l’espace public dans lequel les citoyens sont invités à s’emparer de cet espace de manière ludique. Ce projet s’inscrit dans une série de mesures ayant également pour but d’avoir des lieux de rassemblement dans l’arrondissement du Plateau. Ce dernier a octroyé une subvention de 3000$ aux ACDP et à la SDC Pignons sur rue Saint-Denis pour gérer ce projet. Les pianos sont disponibles entre 10h et 20h jusqu’au 23 juillet.

Alors qu’originellement, il devait se trouver dans le Champ, il est maintenant au coin des rues Casgrain et Saint-Viateur Est après s’être « déplacé » plusieurs fois. Toutefois, les ACDP comptent se servir de ce piano afin de faire la promotion du projet ACDP en allant vers la communauté. On espère que plusieurs résidantEs participeront soit en organisant diverses activités ou bien tout simplement en allant pianoter. Les ACDP, eux, songent à organiser une ou deux activités musicales mais sans vouloir remplir tout l’horaire pour ne pas déranger l’esprit du projet. D’autres informations viendront au fur et à mesure que le temps s’écoule.

Avec cette subvention, les ACDP doivent acheter, déménager, accorder et décorer le piano du projet. Également, la communication et le débarras sont compris dans la subvention. Il faut également prévoir qu’une personne doit s’occuper du piano.

La décoration a été effectuée par Cindy Huang, dont on peut lire sa description personnelle de l’aventure dans SpacingMontréal, qui a reproduit des animaux et des plantes qui ont été observés dans le Champ. Elle a aussi ajouter des représentations des méga-structures et de la voie ferrée, objets qui sont chargés de signification dans le cadre du projet CdP. Ce fut un travail long et éreintant car elle l’a effectué pendant deux jours torrides. Par la suite, quelqu’un est venu porter une plante !


Le piano

Il s’agit d’un Heintzman 1896 fabriqué par la compagnie du même nom. Cette compagnie fut fondée par Theodore August Heintzman et basée à Toronto. Monsieur Heintzman, né à Berlin en 1817. Après avoir travailler dans des fabriques de pianos, c’est en 1840 qu’il se maria et éventuellement suivit la famille de sa femme en 1850 vers les États-Unis. En 1860, il émigra à Toronto. La compagnie qu’il fonda en 1866 le rendit riche. Et c’est ainsi qu’il mourut en 1899 peu après la mort de sa femme.

Dans les années 1890, la compagnie employait plus de 200 personnes et produisait plus de 75 000 pianos par an. Au début de du 20è siècle, la compagnie portait le surnom de « Steinway des pianos canadiens ». Cependant, le marché des pianos droits étaient en baisse à partir des années 1930. Éventuellement, Heintzman & Co., afin de survivre cette période, se mit à faire aussi des pianos droits de moins bonne qualité. Quoique toujours des produits haut de gamme, les nouveaux pianos n’atteignaient pas l’excellence de jadis

En 1978 la compagnie déménagea à Hanover, Ont. En 1989, la compagnie fut acheté par un groupe d’investisseurs canadiens et chinois. Son siège social est maintenant à Pékin en Chine.

Information :


Qu’est-ce qui s’y passe ?

Lancement officiel

Le lancement officiel a eu lieu le 28 août. Plus d’une cinquantaine de personnes sont venus écouter les discours et surtout, Victor Simon. Victor Simon, un pianiste de tango d’origine argentine, a joué du tango au grand plaisir du public. Roger Latour, membre notoire des ACPD, a produit une animation (qu’on peut voir aussi en cliquant l’image ci-contre) dont l’enregistrement fut fait par Barry Michalshyn, une autre figure dominante et polyvalente.

Par la suite, une fois que le matériel de sono et les barricades furent enlevées, les gens se sont rassemblé sur les lieux. Pour en savoir plus, allez à cette page.

Au cours du projet

Le projet, en ce qui concerne les buts premiers, soit l’animation du domaine public et la création de lieux de rencontre a été un succès. La photo ci-haut en fait foi. De plus, bien des gens rencontrés ont trouvé cette initiative géniale. En vérité tous (sauf une) ont témoigné de leur émerveillement à voir et à utiliser le piano.

Une autre indication de l’intérêt du public est que nous avons fait faire un pamphlet d’information et que ses exemplaires se sont envolés comme des petits pain. Ils furent déposés dans les deux cafés de la rue Saint-Viateur Est (District et Brooklyn) ainsi que dans une pochette installée sur le piano lui-même. Peut-être est-ce un indicateur, peut-être pas, mais les exemplaires mis dans un café de la rue Saint-Viateur Ouest n’ont pas connu le même engouement. Le contenu de ces pamphlets tient à la description du projet, la courte histoire du piano de rue, décrite ci-haut et qui nous (les ACDP) sommes. En plus, était inséré le feuillet d’information sur le projet du Champ des Possibles. On peut télécharger une copie de ce pamphlet en cliquant l’image ci-contre.

Événement de clôture

Notre stratégie en ce qui a trait aux deux objectifs consistait à intervenir le moins possible sauf en fin de projet. Cette fin a lieu le 30 septembre 2012 et comme intervention, nous organisons une levée de fonds au profit de la Mission Communautaire Mile End. Outre la Mission elle-même, Ruepublique est partenaire de cet événement. Ruepublique a une expertise reconnue dans la fermeture de rue qui va nous aide à fermer la section de Saint-Viateur entre Casgrain et de Gaspé. Plus d’information ici et pour le statut de l’activité, c’est par ici.

Lors de cet événement, un atelier d’accordage est prévu au tout début et aussitôt après, il y a un pianothon de la part des enfants pour les deux heures qui suivent. Des musiciens aguerris prennent la relève jusqu’au moment où la rue est ouverte de nouveau à la circulation. À la tombée de la nuit, il y a la projection du chef-d’oeuvre de Serguei Eiseinstein, ‘Le Cuirassé Potemkine‘ auquel le son est coupé pour laissé la place à l’improvisation sur les images de quatre musiciens du quartier.

Le lendemain, le piano est porté à la Résidence Mile End à qui il a été donné.

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